Cinquième audience dans l’affaire Médée au collège Albert Vinçon.
À l’approche de la confrontation entre témoins, la tension monte : les élèves ne se contentent plus de défendre leur personnage, ils peaufinent désormais leur stratégie de défense.
Pendant une heure, les 30 élèves impliqués dans le procès fictif ont travaillé à préparer leurs réponses au futur contre-interrogatoire, dernière étape avant la grande confrontation orale prévue lors de la prochaine séance.
Dix questions pour mettre les témoins à l’épreuve
Chaque groupe a reçu un document central pour la suite de la procédure :
une fiche de préparation à l’interrogatoire, compilant dix questions formulées par les autres groupes à partir des témoignages de la séance précédente.
Au total :
- deux questions par personnage-groupe ;
- dix questions à traiter pour chaque équipe ;
- un objectif unique : construire des réponses solides, cohérentes et convaincantes.
Défendre sans mentir
La consigne reste inchangée depuis le début du procès :
tout est permis pour défendre son personnage… sauf mentir.
Les élèves sont donc encouragés à mobiliser tous les ressorts de l’argumentation :
- emphase ;
- pathos ;
- ironie ;
- retournement d’argument ;
- stratégie d’évitement ;
- mise en accusation indirecte d’autres protagonistes.
Le travail ne consiste plus seulement à comprendre le texte, mais à l’utiliser comme matière argumentative.
Premières alliances dans la salle d’audience
Au fil de la séance, une dynamique nouvelle apparaît :
les élèves commencent à raisonner en termes de stratégie collective.
Certain·es groupes identifient des intérêts convergents entre personnages et envisagent déjà des formes d’alliances implicites.
Parmi les rapprochements observés :
Jason et Nérine semblent partager certains intérêts de défense.
Une évolution notable qui montre que les élèves ne se contentent plus d’analyser leur rôle de manière isolée :
ils commencent à penser le procès comme un système relationnel complexe, où les responsabilités se négocient, se déplacent et se partagent.
Une immersion croissante dans les logiques du procès
Cette séance d’argumentation marque une nouvelle progression dans l’appropriation du dispositif.
Les élèves :
- adoptent de plus en plus spontanément le point de vue de leur personnage ;
- affinent leur lecture stratégique de la pièce ;
- développent des raisonnements plus nuancés ;
- approfondissent leur compréhension des tensions dramatiques de l’œuvre.
Une préparation qui se poursuivra hors audience
Le temps imparti n’a pas permis de finaliser l’ensemble des réponses.
Le travail se poursuivra donc en autonomie avec l’enseignante lors d’une séance intermédiaire, sans les facilitateur·rices, afin de permettre à chaque groupe de compléter sa préparation avant la prochaine audience.
Prochaine étape : le speed-dating judiciaire
Lors de la prochaine séance, les groupes entreront dans la phase de confrontation directe :
chaque personnage devra défendre sa version des faits face aux autres dans une série d’échanges rapides organisés comme un véritable speed-dating judiciaire.
Le procès Médée s’apprête à changer de rythme !

